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L'histoire du chateau

Fleuron de Périgueux,

Les origines de Château l'Evêque se perdent dans les brumes du Moyen-Age puisque c'est l'Evêque Frotaire qui, au XIe siècle, construisit le premier Château l'Evêque lequel consistait essentiellement en un donjon d'environ 25m de haut destiné à surveiller et à protéger des Vickings la ville de Périgueux.
En 1347, Adhémard de Neuville, Evêque de Périgueux, ordonne la construction de l'actuel château pour empêcher les Anglais d'entrer dans la ville car le château se situe au point de convergence des routes d'Angoulème et de Limoges par où ils arrivaient. Le château subit une destruction partielle lors de la Guerre de Cent Ans puis il est reconstruit et remanié deuxième moitié XVe siècle et sa construction achevée vers 1515/1520 par Guy de Castelnau, Evêque de Périgueux.
L'architecture est  Médiévale Gothique avec des éléments Gothique Flamboyant, ce qui est rare en Périgord. Aux alentours de 1900, Mr Boisserie de Masmontet dans son Histoire des Châteaux de Guyenne le décrivait ainsi:"Ce château passe à juste titre pour l'une des plus gracieuses manifestations de l'art militaire Gothique en Périgord". Sa façade fut dotée d'un cadran solaire de grande dimention au début du XVIe siècle.
Le 14 juillet 1575 l'Evêque Pierre Fournier est étranglé par ses domestiques qui s'enfuient ensuite avec le trésor du château.
Lors des Guerres de Religion le château est pillé par les Protestants.
Mais à compter du XVIe siècle il devient la résidence favorite des Evêques de Périgueux qui y séjournent au cours de la belle saison. Le 23 septembre 1600, Mgr François de Bourdeille,dans la chapelle du château, revêt de la Prêtrise Vincent de Paul. (un portrait de Saint Vincent de Paul, Ecole Française du XVIIe siècle, faisant partie de la collection du propriétaire est présenté dans le salon).
A la fin du XVIIe siècle, Mgr de Francheville, surnommé le Père des Pauvres, fait construire un pont qui enjambe une douve sèche et fait agrandir la douve en eau située au nord qui devient un grand canal d'agrèment.
Plusieurs prélats y élirent leur sépulture: Pierre Tizon, Foulques de Bonneval, François de la Béraudière, Jean Macheco de Prémeaux, moururent à Château l'Evêque.
Dès le début du XVIIIe siècle l'Evêque de Périgueux fait de Château l'Evêque sa résidence habituelle ainsi que ses successeurs jusqu'en 1793, année où ils en sont chassés par les révolutionnaires. Le domaine est morcelé et le château  passe dans les mains de différents propriétaires.
Au XIXe siècle, on peut noter les familles Audebert, Debetz de la Crouzilhe, de Bonfils, Brachet de la Menuze, le Docteur Jean Peyrot, Sénateur de Dordogne.
En 1923 il est acquis par Jenny Sacerdote (née Jeanne Bernard à Périgueux en 1868, décédée à Nice en 1962) , formée chez Paquin,, célèbre styliste, modiste et couturière de l'entre deux guerres, rivale de Coco Chanel qui la supplantera. Jenny rayonnera à Paris et jusqu'aux Etats-Unis avec une clientèle internationale et fut la deuxième femme en France à recevoir la Légion d'Honneur.
Elle créa à Château l'Evêque une roseraie resplendissante dont la renommée dépassait les limites de l'Aquitaine. et qui est encore dans les mémoires.
Chaque été elle recevait dans son château le tout Périgueux ainsi que ses amis venus de Paris et d'ailleurs.
Elle s'en sépara en 1936 mais laissa dans le village le souvenir d'une grande Dame charitable.
Le Château ne retrouva une célèbrite qu'en 1968 quand il devint Château Hôtel - le deuxième dans le Guide, après le Château de Mercués à Cahors. A nouveau de brillantes fêtes y furent données mais tout cela prit fin en 1982.
Château l'Evêque s'endormit dans un profond sommeil jusqu'en 2016 où son nouveau propriétaire, Gérard de Colombières, l'ouvrit à la visite et reste attentif à toutes les opportunités qui contribueront à sa valorisation afin de poursuivre sa restauration.